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L’ajustement sans les larmes

À dix mois des élections présidentielle et législatives, et alors que s’ouvre déjà la bataille budgétaire pour 2027, l’Institut Avant-garde publie « L’ajustement sans les larmes », un rapport sur la trajectoire des finances publiques françaises. Fruit de neuf mois de travaux collectifs réunissant économistes, hauts fonctionnaires, chercheurs et praticiens des politiques publiques, ce rapport identifie près d’une centaine de mesures concrètes, articulées autour de trois scénarios d’ajustement représentant un effort compris entre 113 et 157 milliards d’euros, soit 3,5 à 5 % du PIB sur sept ans. Dans ce dernier scénario, le plus ambitieux, la dette publique pourrait être ramenée à 115 % du PIB en 2040 d’après nos estimations.

Loin d’un exercice comptable supplémentaire, ce rapport part d’une conviction simple : la question budgétaire ne peut plus être traitée séparément des choix de société qu’elle engage. Redresser les finances publiques ne signifie pas seulement réduire un déficit. Cela suppose de décider collectivement ce que le pays veut protéger, ce qu’il doit transformer et ce qu’il lui faudra financer pour affronter les crises à venir.

Ce rapport a été dirigé par Cyprien Batut et Alexis Guillaume de l’Institut Avant-garde.

Le redressement des finances publiques françaises constitue l’un des défis politiques majeurs des deux prochains quinquennats. Avec un déficit public établi à 5,1 % du PIB en 2025, nettement supérieur à la moyenne de la zone euro, la France s’inscrit dans une trajectoire de déséquilibre structurel ancien : son budget est en déficit chaque année depuis 1974. Ce déséquilibre résulte d’un double mouvement. D’abord, une augmentation des dépenses publiques dans les années 2000, accentuée par les crises successives, qu’elles soient financière, sanitaire ou énergétique. Ensuite, depuis 2017, une baisse du taux de prélèvements obligatoires de 2,5 points de PIB, liée à plusieurs réformes fiscales successives.

À ce défi budgétaire s’ajoutent deux crises de grande ampleur. La crise climatique, d’une part, qui appelle des investissements publics massifs alors que les financements actuels demeurent insuffisants au regard des besoins. La crise géopolitique, d’autre part, qui impose à la France un effort de réarmement considérable, dans un environnement international durablement déstabilisé. Ces trois défis ne peuvent être traités séparément : c’est leur articulation qui donne sa juste mesure à l’effort budgétaire à venir.

Près d’une centaine de mesures, trois scénarios

C’est dans ce contexte que s’inscrit notre rapport. Il identifie près d’une centaine de mesures concrètes, articulées autour de trois scénarios d’ajustement budgétaire représentant un effort de 113 à 157 milliards d’euros, soit 3,5 à 5 % du PIB sur sept ans. Construit chapitre par chapitre en collaboration avec des économistes, des experts et des praticiens des politiques publiques, il assume un triple objectif : soutenabilité budgétaire et financement des investissements de long terme, réduction des inégalités et protection des plus vulnérables, amélioration de l’efficacité de la dépense publique. La méthode adoptée dans ce rapport est résolument multicritère. Elle intègre les effets redistributifs des mesures envisagées, la préservation des services publics essentiels et la recherche d’un consensus politique sans lequel aucune trajectoire d’ajustement ne saurait être durable.

Une déclinaison par thématique de politique publique

Les solutions existent. Ce qui manque, c’est leur mise en cohérence.

C’est le constat qui s’est imposé au fil de nos rencontres avec des experts, des praticiens des politiques publiques et des hauts fonctionnaires. L’ajustement budgétaire ne doit pas être une simple liste d’économies : c’est l’occasion d’ouvrir des réformes ambitieuses, domaine par domaine, pour améliorer le service rendu aux usagers et rendre chaque euro public plus utile.

Les crises qui nous traversent nous enferment trop souvent dans un court-termisme contre-productif. Les économies de bout de chandelle ne régleront rien aux défis de nos écoles, de nos hôpitaux ou de nos prisons. C’est en décidant démocratiquement ce que nous voulons être, demain, en tant que société, que nous trouverons les voies pour sortir par le haut.

Ce rapport décline ses analyses et ses recommandations à travers neuf chapitres thématiques, de l’école à la justice, en passant par les collectivités territoriales ou la santé. Découvrez et téléchargez ci-dessous le résultat de nos travaux dans chacun de ces domaines.

CHAPITRE 1 – Principes généraux : un ajustement pour quoi ?

CHAPITRE 2 – Les retraites

Réaffirmer la retraite comme pilier de solidarité intergénérationnelle, en protégeant le système par répartition tout en assurant une contribution équitable des retraités actuels et futurs à sa pérennité.

CHAPITRE 3 – Les dépenses de santé

Mieux protéger les assurés face aux restes à charge en instaurant un bouclier sanitaire modulé selon les revenus, afin de limiter les dépenses de santé les plus lourdes pour les ménages modestes et les patients les plus exposés. 

CHAPITRE 4 – Budget et changement climatique

Réorienter en profondeur la politique budgétaire et fiscale au service de la transition, en supprimant les dépenses et niches favorables aux activités polluantes et en instaurant une fiscalité écologique plus ambitieuse et égalitaire.

CHAPITRE 5 – Fiscalité des ménages

Engager une réforme d’ensemble de la fiscalité des ménages visant à redonner sa centralité à l’imposition sur les revenus et à accroître la progressivité du système. 

CHAPITRE 6 – Fiscalité des entreprises

Mettre fin à une stratégie de compétitivité fondée sur l’extension des exonérations de cotisations sociales. Réformer la fiscalité des entreprises afin d’assurer une contribution plus équitable et en limitant les possibilités d’optimisation.

CHAPITRE 7 – Éducation

Réinvestir dans l’ensemble du système éducatif, du primaire à l’enseignement supérieur et à la recherche, pour reconstruire une école plus juste, plus égalitaire et plus performante.

CHAPITRE 8 – Emploi

Changer de cap en matière de politique de l’emploi, en sortant d’une logique de responsabilisation individuelle des chômeurs et de pression à la reprise d’emploi à tout prix.

CHAPITRE 9 – Sécurités

Refonder le discours et l’action publique en matière de sécurité intérieure en privilégiant la prévention, et en renforçant l’accompagnement à la réinsertion plutôt que la surenchère pénale.

CHAPITRE 10 – Collectivités territoriales

Clarifier l’architecture territoriale en réduisant les chevauchements d’échelons, en précisant les compétences et en donnant aux collectivités les moyens financiers correspondant à leurs missions.

CHAPITRE 11 – Synthèse budgétaire des mesures

Cyprien Batut est économiste et responsable du pôle macroéconomie à l’Institut Avant-garde. Il est diplômé de l’École d’économie de Paris et docteur en économie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Sur le terrain académique, il s’intéresse principalement aux politiques publiques françaises sur le marché du travail. Après sa thèse, il a rejoint la Direction Générale du Trésor pendant trois ans, notamment en tant que Conseiller en charge de la politique économique au sein du cabinet du directeur général du Trésor au côté de la Cheffe Économiste du Trésor.

Contact presse : cyprien.batut@institutavantgarde.fr

Alexis Guillaume est économiste et chargé d’étude au sein du pôle macroéconomie de l’Institut Avant-garde. Docteur en économie de l’Université Paris-Dauphine, il a consacré sa thèse à l’étude de l’impact des politiques publiques dans la zone euro et en France, sous la direction d’Anne-Laure Delatte. Ses travaux portent sur les politiques monétaires non conventionnelles et les politiques budgétaires, notamment sur les dépenses socio-fiscales. Il s’intéresse plus particulièrement aux transformations du cadre politico-économique européen depuis la crise des dettes souveraines.

Contact presse : alexis.guillaume@institutavantgarde.fr

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