Par 14h35 Européennes

Rendre la BCE plus verte et démocratique

Une note d’Éric Monnet, Jens van ‘t Klooster et Clara Leonard.

Synthèse

Le 2 décembre 2023, lors de la COP 28, le Président Emmanuel Macron a suggéré « l’instauration d’un taux d’intérêt pour le vert et d’un taux d’intérêt pour le brun ». Les auteurs montrent que des politiques de différenciation sectorielles des taux d’intérêt ont déjà été mises en place par certaines banques centrales et qu’elles ont été compatibles avec la préservation de l’indépendance et du mandat de maintien de la stabilité des prix. Ils proposent des pistes pour donner un contenu plus concret à cette injonction dans le contexte actuel de la transition écologique.

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Cependant, la réflexion technique sur les outils ne peut se passer d’un débat sur des réformes institutionnelles associées. Penser le rôle de la BCE dans le contexte de la transition écologique doit aller de pair avec la création d’un Conseil Européen du Crédit pour renforcer le contrôle et la légitimité démocratique des différentes politiques influençant les conditions de crédit en Europe. Ce Conseil du Crédit serait une instance délibérative qui renforcerait l’expertise et la légitimité du Parlement européen pour contrôler les autorités indépendantes (BCE, Banque européenne d’investissement, etc.) et serait un lieu pour penser la coordination et les grandes orientations en matière de politique européenne du crédit.

Sur les auteurs

Éric Monnet est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’Économie de Paris. Son travail de recherche porte sur l’histoire des politiques monétaires, du système monétaire international et des systèmes financiers en France et en Europe au XXe siècle. Il a reçu le prix du Meilleur jeune économiste en 2022. Il est rédacteur en chef à la Vie des Idées et auteur de La Banque-providence. Démocratiser les banques centrales et la monnaie chez La République des idées (Seuil).

Jens van ‘t Klooster est professeur d’économie politique à l’Université d’Amsterdam et chercheur affilié au Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment. Il est titulaire d’un doctorat en philosophie de l’université de Cambridge et d’un doctorat en politique économique de l’université de Groningue. Ses recherches portent sur la gouvernance des marchés financiers, et notamment sur la manière dont le changement climatique et les nouvelles idées macroprudentielles redéfinissent le rôle des banquiers centraux et des superviseurs bancaires.

Clara Leonard est co-fondatrice et directrice générale de l’Institut Avant-garde. Docteure en économie après une thèse sur l’histoire des doctrines de la dette publique française entre 1918 et 1960 sous la direction d’Annie Cot et d’Éric Monnet, elle est également diplômée d’HEC Paris, de la Sorbonne et de la London School of Economics. Elle a travaillé à la Direction Générale du Trésor sur les questions européennes.

Image : Yves Klein, La grande Anthropométrie bleue, 1960, 428 x 280 cm, pigment et résine synthétique sur papier marouflé sur toile, Guggenheim Bilbao.

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