Un avenir souhaitable est à notre portée. Une France qui produit chez elle une énergie propre et abordable. Une France de villes et de bourgs à taille humaine, où l’on retrouve, à portée de vie quotidienne, les commerces, les services publics et les emplois. Une France prospère qui a fait revenir ses industries, protégé ses logements contre les sécheresses et les crues, et qui n’abandonne personne au bord du chemin. Les transformations qui s’ouvrent, écologiques, industrielles, géopolitiques, ne ressemblent toutefois à aucune de celles que nous avons connues.
Elles exigent des investissements sans précédent. Préparer la France aux défis des vingt-cinq prochaines années (décarboner son économie, armer sa défense, refaire son école, soutenir sa recherche, tenir sa cohésion sociale) représente un effort de financement public supplémentaire de l’ordre de 120 milliards d’euros par an dès 2035. A l’échelle européenne, tous financements confondus, Mario Draghi, chiffre ce sursaut à 7 % du PIB, trois à quatre fois l’effort qu’avait représenté le plan Marshall pour reconstruire l’Europe d’après-guerre.
Le temps nous est compté. Ces chantiers ne s’étalent pas sur un siècle, au gré de notre convenance : ils doivent tenir dans un même intervalle étroit, celui d’une génération. Et les retards se paient au prix fort : une industrie qu’on laisse partir ne revient pas, une dépendance qu’on n’anticipe pas se traduit en perte de souveraineté, un dérèglement qu’on n’enraye pas laisse des dégâts irréversibles. Le marché seul n’ouvrira pas ce chemin. Le secteur privé sait investir là où le profit est proche et certain ; il se détourne, par nature, de ce qui rapporte tard, peu, ou pas du tout. Or, c’est précisément le cas d’une grande part de ce qu’il nous faut bâtir. L’État n’a pas à réparer le marché ; il a à planifier ce que le marché seul ne bâtira jamais.
« L’État n’a pas à réparer le marché ; il a à planifier ce que le marché seul ne bâtira jamais. »
Des choix difficiles doivent être faits sur le chemin. Les transformations qui s’ouvrent devront être conduites par le choix collectif, et feront des perdants. Il faudra donc trancher une question que l’on préfère souvent taire : qui paie ? Les plus aisés, les générations qui ont pollué, les entreprises les plus polluantes, les pays au modèle énergétique le plus carboné, ou l’ensemble des ménages, au risque de l’injustice ? Y répondre franchement, par le débat démocratique, est la condition pour que la transformation soit acceptée, donc réussie.
Nous avons déjà su opérer de grandes transformations. Au sortir de la guerre, la France a choisi de se doter d’un Plan, de reconstruire et de moderniser plutôt que de subir le déclin. Nous sommes de nouveau devant l’un de ces tournants. Ce que nous proposons dans les pages qui suivent n’est pas le programme d’un camp, mais une tâche et les outils pour l’accomplir. A charge, pour celles et ceux qui voudront conduire le pays, de s’en saisir.
Chroniques de campagne
Pour une politique des grandes transformations
À venir …
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